En effet, le mouvement a hérité des arabisants qui ayant reçu une instruction en langue arabe des sciences islamiques ont du mal à s’imposer dans le landerneau médiatique sénégalais. Leur discours souffre de compréhension auprés des acteurs du débat national qui sont des francisant pour utiliser le vocable des arabisants.
Aujourd’hui, la situation n’est pas des plus reluisantes. Une nouvelle génération est née, formée à « l’école du blanc » mais ayant une conscience islamique très élevée. Il y a une petite chose qui manque : un discours étayé par une science islamique rigoureuse porté par une langue française soutenue. Le hic est trouvé. Il est là.
Il faut une véritable prise de conscience, une évolution voire une révolution de mentalité qui consistera à former et re-former un musulman aguerri aux sciences islamiques. Il nous faut inéluctablement ce produit qui va porter les ambitions et défis qui attendent notre communauté.
Les sciences profanes ont leur rôle à jouer pour plus de visibilité. En un mot, il faut une fusion ou bien une complémentarité entre les sciences. Ce que le professeur genevois Tariq Ramadan appelle la science des textes (‘ilm an-noussous) et la science expérimentale (‘ilm al waqi) doivent se rencontrer dans un fameux collège de fatwa.
C’est cela que demande de tous ces vœux le nouveau Président de l’AEEMS, un musulman francophone sénégalais engagé dans la transformation de sa société pour plus de justice, d’équité, de responsabilité, etc.
En cela, un signal fort a été donné à Bayakh et à Kaolack respectivement lors des séminaires des deux Coordinations Régionales de Dakar et de Kaolack. L’espoir est permis, la vision du mandat est déclinée, le travail de formation doit commencer en vue de matérialiser ce rêve en réalité.